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Y aura-t-il un soutien supplémentaire pour le secteur de l’horeca ?

En collaboration avec la Foodservice Alliance, Graydon Belgium a réalisé une analyse du secteur de la restauration. Avant l’apparition du coronavirus, une entreprise du secteur de l’horeca sur cinq était en difficulté. Si le gouvernement ne fournit pas de soutien supplémentaire aujourd’hui, 4 entreprises du secteur de l’horeca sur 10 seront techniquement en faillite d’ici la fin de cette année.

Au cours des derniers mois, vous avez pu lire dans les médias de nombreux articles sur l’impact dramatique de la pandémie de coronavirus sur le secteur de l’horeca. Pourtant, il serait incorrect de rejeter toute la faute sur le coronavirus. Pas moins de 20 % des entreprises du secteur flirtaient déjà avec la faillite avant la crise. Cela s’explique principalement par le fait qu’il s’agit d’un secteur à forte intensité de main-d’œuvre dont le coût salarial est élevé. Le coronavirus, cependant, a rajouté une couche.

40 % de faillites techniques d’ici fin 2020

Sur base du score d’impact ou de résistance aux chocs, Graydon a calculé que d’ici la fin de l’année, 40 % des entreprises du secteur de l’horeca et de la restauration (NACE 55 et 56), soit 4 sur 10, seront en faillite technique. Sauf si un soutien supplémentaire est fourni.

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La question est de savoir qui devrait bénéficier d’un soutien. Une solution structurelle adaptée au secteur est nécessaire, car toutes les mesures initiales prises par le gouvernement n’ont pas été appliquées au bon endroit. Par exemple, des entreprises malsaines ont reçu un soutien financier, sans pour autant leur permettre d’aller de l’avant. En outre, des entreprises saines, avec des réserves suffisantes, ont également reçu un soutien. Tant mieux, mais elles n’en avaient pas vraiment besoin. Un malheureux problème et un gaspillage de ressources précieuses.

Il est important de faire une distinction claire à cet égard. Quelles entreprises étaient déjà malsaines avant la crise et le sont-elles encore aujourd’hui ? Et quelles sont les entreprises qui ont eu des problèmes à cause de la crise, mais qui étaient initialement en bonne santé et qui se remettent sur pied grâce à un soutien ? Cette information est d’une importance fondamentale pour pouvoir prendre des mesures très ciblées et allouer des ressources de manière ciblée, et donc efficace.

D’ailleurs, ce sont aussi deux questions que tout entrepreneur devrait se poser. C’est la seule façon d’obtenir une vision précise de son portefeuille de clients et de fournisseurs. La réponse à ces questions permet également d’accorder un report de paiement si celui-ci est admissible et de déterminer quelles relations commerciales arriveront à traverser la crise en recevant un soutien.

9-grid et score de résistance aux chocs

Les bases de cette segmentation ont été posées par Graydon avec la 9-grid et le score de résistance aux chocs.

Les chiffres ci-dessous présentent une projection jusqu’à la fin 2020 pour le secteur de l’horeca traditionnel (NACE 55 et 56). Vous remarquerez que 31 % des entreprises saines (segments 3 et 6, axe X : bonne santé dans une économie en continuité), malgré diverses mesures de soutien, ont subi des dommages structurels dus à la crise (axe Y : économie en discontinuité). 4 entreprises sur 10 (segments 1 à 6) seront techniquement en faillite à la fin de l’année.

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  • Segment 1 : risque imminent de faillite avant la crise et très fortement impacté
  • Segment 2 : risque de faillite avant la crise et très fortement impacté
  • Segment 3 : en bonne santé avant la crise, mais très fortement impacté
  • Segment 4 : risque imminent de faillite avant la crise et fortement impacté
  • Segment 5 : risque de faillite avant la crise et fortement impacté
  • Segment 6 : en bonne santé avant la crise, mais fortement impacté
  • Segment 7 : risque sérieux de faillite avant la crise, mais faiblement impacté
  • Segment 8 : risque de faillite avant la crise, mais faiblement impacté
  • Segment 9 : en bonne santé avant la crise et non impacté

42 635 emplois menacés

En outre, cette projection mérite un autre commentaire. Les mesures de soutien telles que les plans de remboursement et la suspension des contributions trimestrielles ne sont que des reports, mais pas des ajustements. Un jour, il faudra payer pour cela, donc les retombées ne manqueront certainement pas. Dans cette situation, pas moins de 42 635 emplois dans le secteur de l’horeca seront menacés d’ici la fin de l’année. Il est frappant de constater que les entreprises ayant un nombre relativement important de salariés se retrouvent plus rapidement dans la zone rouge (segment 3).

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Soutien supplémentaire

Quel est alors le montant de l’aide supplémentaire nécessaire pour sauver le secteur ? Environ un peu plus de la moitié des entreprises du secteur de l’horeca disposent encore de réserves suffisantes jusqu’à la fin de l’année pour surmonter cette crise. Toutefois, afin de sauver l’ensemble du secteur, une injection supplémentaire de quelque 800 millions d’euros est nécessaire. Nous devrions cependant nous demander s’il serait judicieux d’aider à passer tous les segments vers la zone verte.

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En effet, le secteur typique de l’horeca n’est pas le seul à avoir été durement touché. Le confinement et toutes sortes de mesures de protection qui ont accompagné l’assouplissement ont également un impact sur le reste de la chaîne liée au secteur. Il suffit de penser aux fabricants, aux grossistes et aux fournisseurs, qui sont eux aussi gravement touchés par cette situation sans précédent.

Si vous souhaitez savoir comment votre portefeuille de clients a évolué pendant la crise et comment vous pouvez prendre des mesures ciblées, je me ferai un plaisir de vous aider. N'hésitez pas à me contacter via michelle.dietens@graydon.be.

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