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Des choix clairs pour l'avenir

Le coronavirus nous tient sous son emprise depuis plus d'un an. L'impact sur notre vie quotidienne - avec les confinements et les restrictions de notre liberté - est sans précédent. Le tissu économique de notre pays a également été durement touché. Heureusement, le gouvernement a généreusement ouvert le portefeuille et lancé toutes sortes de mesures pour accompagner les entreprises dans cette période de crise. C’est bien, mais ces mesures ne peuvent pas continuer. Des choix clairs devront être faits et aui auront également un impact sur votre portefeuille clients.

Le gouvernement a pris des décisions hâtives lorsque le premier confinement a commencé. Il a dispensé les mesures d’aide de manière généreuse et elles n’ont certainement pas eu tout l’effet voulu. Cela a été démontré par les études que Graydon a précédemment menées avec, entre autres, le VBO et Unizo. À cause de ces interventions, la moitié des entreprises sont aujourd’hui en grandes difficultés.

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Alors que la crise s'est éternisée et a duré beaucoup plus longtemps que prévu initialement, la question s’est posée de plus en plus de savoir combien de temps nous pourrions continuer à tenir financièrement. D’autant que de plus en plus d'experts ont réalisé que soutenir une entreprise sans condition était irresponsable. L'an dernier déjà, Graydon avait préconisé de faire des choix clairs dans ce domaine.

1 entreprise sur 10 était déjà une entreprise zombie avant que le coronavirus ne s'installe. Ce sont des entreprises qui ont survécu plusieurs années, mais dont les dettes sont également supérieures aux actifs depuis plusieurs années. Elles ne sont donc absolument pas rentables et à peine viables. Pourtant, ces entreprises zombies ont pu compter sur les mesures de soutien contre le coronavirus au cours des 15 derniers mois.

Des choix clairs

Au vu de la dette sociale, dans quelle mesure est-il utile de soutenir financièrement des entreprises qui étaient déjà fortement endettées avant le déclenchement de la crise du coronavirus ? Les aides ne devraient-elles pas être plutôt réservées aux entreprises qui étaient en bonne santé avant la crise sanitaire ? C'est le confinement - et donc une économie en discontinuité - qui a, soudainement, contraint les entreprises à utiliser leurs réserves. Une fois celles-ci épuisées, des injections financières sont nécessaires pour éviter de jeter l'éponge ou, pire, de faire faillite.

« Aujourd'hui, il en coûte, à notre société, 77 milliards d'euros pour aider des entreprises en bonne santé avant la crise, à se remettre sur pied. 5 milliards de ce montant seront alloués à ces sociétés zombies », a déclaré Eric Van den Broele, directeur de la recherche et du développement, lors de son passage à Terzake. « Vous ne pouvez dépenser un euro qu'une seule fois. Le moment est venu de faire des choix clairs, dans l'intérêt de l’équité sociale, pour l'avenir de nos enfants et petits-enfants. Des choix qui doivent viser à guider nos entreprises vers une économie humaine, durable et verte. Et cela n'est possible qu'avec des entreprises innovantes, saines, représentatives de la croissance et capables de développer efficacement leurs activités. »

« Il est donc important que des entreprises saines puissent redémarrer, sans être entraînées vers la faillite par des entreprises qui ne paient pas leurs factures. Dans le même temps, il est important d'éliminer les entreprises qui sont en mauvaise santé depuis des années, afin qu'elles puissent faire place à des entreprises qui, elles, ont un avenir. »

Une économie de survie

Rudy Aernoudt, professeur de finance d'entreprise et ancien chef de cabinet, a également pris la parole dans l'émission Terzake. Il a qualifié la Belgique de pays zombie de la mer du Nord et a dénoncé notre soi-disant économie de survie.

« Ce qui est très typique dans la période COVID-19, c'est que nous créons une sorte d'économie de survie, dans laquelle les entreprises dépendent de l’injection de subventions. On parle des 35 à 40 000 entreprises qui continuent de recevoir des subventions. Et en fait - ironiquement - grâce à laCOVID-19, ces entreprises continuent de survivre.
Les mesures de soutien étaient une excellente initiative, mais les mesures ne peuvent pas continuer. Des choix doivent être faits de toute urgence, car continuer à soutenir les entreprises zombies est une menace pour notre économie. »

« Si le nombre d'entreprises zombies continue d'augmenter, la productivité baissera », poursuit Rudy Aernoudt. « Après tout, elles luttent pour leur survie et entraînent d'autres entreprises avec elles. Par exemple, en travaillant avec des prix très bas, elles détruisent, en fait, l'économie. »

Une politique d'euthanasie

« Vous devez mettre en place une sorte de politique d'euthanasie sur les entreprises structurellement insalubres avant la crise. Soit le restructurer complètement, soit l’arrêter, mais le faire n’offre aucune solution. »

Il fqut au'il soit clair que le gouvernement doit changer son fusil d’épaule et mettre fin à sa politique de Saint Nicolas.

« L'éventail des subventions continue d'augmenter. De temps en temps, un scandale éclate, mais ce n'est que la pointe de l'iceberg. Il n'y a pas d'autres moyens. Si vous donnez autant de subventions, vous vous trompez complètement. Les subventions sont préjudiciables à l'économie, parce que vous créez une concurrence entre les entreprises qui ont des subventions et celles qui n'en ont pas, et en ce sens, c'est un investissement perdu », conclut le professeur Aernoudt.

Une politique de soutien

Afin de restaurer l'économie, une distinction claire doit donc être faite : une distinction entre les entreprises structurellement saines d'une part, et les entreprises malades d'autre part. Les entreprises en bonne santé font face à un problème temporaire en raison de la crise du coronavirus, tandis que les entreprises malades prolongent leur affliction grâce aux subventions. Il est logique qu'une politique de soutien vise à soutenir la première catégorie. Il existe suffisamment de données et d'outils d'analyse sophistiqués pour faire des choix responsables et corrects. Ils doivent donc être utilisés à tous les niveaux.

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