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Ecrit par Sven Persoone
Posted on 04/06/2019

Trois constatations frappantes ressortent de l’étude sur la fraude dans le monde des affaires

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Une étude sur la fraude dans le monde des affaires ne fait ses preuves que si elle est menée de manière anonyme. En effet, le fait d'être victime de pratiques frauduleuses semble toujours être un tabou persistant. Aucun entrepreneur n'aime laver son linge sale en public, ce qui explique pourquoi si peu de déclarations sont faites à ce sujet. La peur d'une réputation compromise est fermement ancrée dans les coutumes. 

À l'automne 2018, BDO - spécialiste en audit, comptabilité et conseil - a mené une étude auprès de 245 entreprises belges de 33 secteurs pour savoir si elles ont déjà été confrontées à des fraudes.

« La réponse était positive dans 70 % des cas, du fait que l’étude a été menée de manière anonyme », déclare Gert Claes de BDO. Il est lui-même réviseur d'entreprises et jouit d’une longue expérience dans l'audit de divers clients nationaux et internationaux dans divers secteurs, autant dans des entreprises privées que gouvernementales. Il est également responsable de la gestion des risques et de la qualité chez BDO Belgique. 

Trois informations remarquables sont ressorties de l’étude.

Plus l'entreprise est grande, plus il y a un risque de fraude

Beaucoup de gens pensent que les petites entreprises sont plus souvent victimes de fraude. Elles disposent généralement de moins de mécanismes de contrôle internes, ce qui facilite la fraude. Mais l'enquête a révélé que pour les entreprises dont le chiffre d'affaires était inférieur à 5 millions d'euros, seuls 3 % ont été victimes de fraude.

Parmi les entreprises dont le chiffre d'affaires se situe entre 5 et 20 millions d'euros, 14 % des répondants ont été confrontés à des cas de fraudes. Entre un cinquième et un quart des entreprises victimes de fraude ont un chiffre d'affaires encore plus élevé.

Information remarquable : pour les entreprises ayant un chiffre d’affaires annuel supérieur à 500 millions d’euros, cela ne concerne pas moins de 21 % des répondants.

« Cela montre qu'elles sont considérées comme des cibles intéressantes, malgré une série de mécanismes de contrôle », poursuit Gert Claes. « Il y a plus à tirer dans les grandes entreprises. »

La perte moyenne par cas de fraude est de 150 000 euros

La fraude peut énormément affecter une entreprise (sur le plan financier). L'étude de BDO a révélé que le montant des dommages par cas de fraude était en moyenne de 150 000 euros.

« Cela prouve encore une fois que l'impact sur une entreprise peut être énorme. Il est généralement admis qu’en moyenne 5 % du chiffre d’affaires annuel est perdu à cause de la fraude. C'est une part immense », déclare Gert Claes.

Les trois quarts des répondants ont été confrontés à un cas de fraude au cours des cinq dernières années. Chaque entreprise doit donc être sur ses gardes à tout moment. « Sachez également que dans plus d'un tiers des cas, la fraude est commise par un employé de l'entreprise. »

La cyber-fraude n'est PAS la forme de fraude la plus répandue

De nos jours, tout le monde parle de cyber-fraude. Chaque entreprise doit être attentive à ces nouvelles formes de fraude, mais ce n’est pas le plus grand danger.

« L'étude montre que seul un cas sur dix implique une cyber-fraude. Cela en fait la troisième forme de fraude la plus répandue », déclare Gert Claes. « Les fausses factures et le détournement d'actifs sont plus courants. Chaque forme concerne 15 % des cas de fraude. »

La cyber-criminalité n’est pas non plus la forme de fraude la plus importante en termes d’impact, bien qu’elle soit évidemment à la hausse ces dernières années.

« Les conséquences de l’usurpation d'identité - généralement celle des chefs d'entreprise - sont en moyenne trois fois plus importantes. En chiffres absolus, la perte moyenne s’élève à plus de 350 000 euros, tandis que la cyber-criminalité oscille autour de 120 000 euros. »

Outre l’usurpation d'identité, les conséquences financières des fausses factures, de la falsification des comptes annuels, des schémas de transactions parallèles et du détournement d'actifs sont toujours plus importantes que celles de la cyber-criminalité. »