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Posted on 17/05/2017

Quelques objections concernant le nombre des entreprises débutantes en 2016

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2016 est une bonne année pour le paysage entrepreneurial belge. Le pays a enregistré un nombre record de nouvelles entreprises. Avec  89.777 créations en 2016, cela correspond à une augmentation de 8,73% par rapport à 2015, la plus forte croissance enregistrée depuis 2010. De plus, l’augmentation est enregistrée dans toutes les régions, même si elle est plus importante en Flandre. On remarque aussi qu’après quatre années difficiles, la proportion des nouvelles entreprises exerçant en société – avec près d’un accroissement de 15,17% qui est le plus important des 10 dernières années  –  repart à la hausse dans le paysage des starters.

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Atlas du créateur 2017

En ce sens 2016 peut être considéré comme un tournant. De plus en plus de personnes s’engagent dans la création et le développement  de leur propre entreprise. Ils peuvent ainsi se créer  et éventuellement améliorer leur futur. En se lançant, non seulement on crée son propre emploi, mais on crée aussi de nouvelles opportunités de croissance et de nouvelles perspectives d’emploi.

Cependant, nous devons mettre en avant un certain nombre d’évolutions observées.

Siège à l’étranger

On constate une augmentation exponentielle de l’effectif des entreprises ayant leur siège à l’étranger. Ces dernières sont actives en Belgique, mais leurs sièges administratifs, leurs centres de décision sont installés ailleurs. Après une forte augmentation enregistrée en 2013 et 2014 – suite à l’augmentation du taux d’imposition sur le boni de liquidation – et un chiffre relativement bas en 2015, on observe en 2016 un accroissement sans précédent de ces entreprises. On en a enregistré 5.092 (plus 2.048 par rapport à 2015), soit une explosion de plus de 67,28%. Compte tenu de l’augmentation significative de l’effectif des entreprises en Belgique de 8,73% ci-avant signalée, il faut remarquer que 28,4% de cette augmentation est le fait d’entreprises avec un siège social installé dans un pays étranger. Enfin, ces entreprises représentaient 2,33% de l’ensemble des créations d’entreprise en 2006. Cette proportion s’établit à 5,67% en 2016, soit plus du double ! On peut se poser la question dans quelle mesure la  réforme fondamentale de la loi sur les entreprises qui se prépare à cet instant pourrait mettre un frein à cette dynamique. Sans aucun doute l’abandon de l’obligation du capital pour des entreprises à responsabilité limitée attirera pas mal d’étrangers à démarrer une entreprise en Belgique. Le mouvement inversé me semble être porté par des considérations plutôt administratives et fiscales.

De même, on peut remarquer que Bruxelles – de par sa position de métropole – enregistre la plus grande densité de starters. Cependant, la part des starters en Flandre semblait  évoluer longtemps de la même manière que la part de celle-ci dans la population totale, lors des 10 dernières années (57% en 2006). Mais en 2016 on ne voit que 55% des créations en Flandre.

On voit aussi qu’au-delà de Bruxelles, on a une forte densité de starters dans le Brabant wallon. Une province qui est par ailleurs caractérisée par de nombreuses initiatives innovantes et de haute technologie qui se concentrent au sein de quelques grands terrains  industriels.

Quelles sont les activités de ces nouvelles entreprises ?

Nous trouvons par exemple que le plus grand nombre de créations (9.010) se trouve dans les professions médicales. Sans doute en raison de la forte croissance du nombre d’indépendants dans le domaine des soins infirmiers et ambulatoires, et la forte tendance à la fusion des médecins généralistes et des spécialistes qui créent des structures communes. C’est certainement aussi une manière de mettre en commun et d’optimiser les ressources. Néanmoins, on peut noter qu’il s’agit d’un déplacement de l’activité d’une entité   vers une autre …

En second lieu, nous trouvons les services aux entreprises (8.829 -essentiellement des consultants). Il serait fort de dire que la majorité de ce genre d’entreprises forment l’essentiel du pouvoir d’innovation en soi, même s’ils apportent leur support à d’autres entreprises et soutiennent les démarches d’innovation en leur sein

En pourcentage, la plus grande augmentation (+ 28,64%) est observée dans le secteur des ‘transports terrestre, aérien et marin’.  Une analyse plus fine montre que cette augmentation provient en grande partie du secteur de la livraison des colis, suite à l’explosion du commerce en ligne. Ce développement risque d’être éphémère vu le rôle à venir des drones dans le secteur de l’e-commerce.

Augmentation nette

Cette année, nous ajoutons un nouveau chapitre à cet atlas du créateur. Outre les créations (en 2016 on a eu  89.777 entreprises), plusieurs entreprises ont également mis la clé sous le paillasson. En 2016, on en a comptabilisé 65 843. Dans le cadre de cette étude, il semble judicieux de comparer les créations et les arrêts pour obtenir une augmentation nette du nombre de sociétés en Belgique. Celle-ci  s’est élevée à 23.934 entreprises en 2016.

Si nous comparons ce nombre à la totalité des entreprises actives en Belgique début 2016, nous observons une croissance nette de +2,1% : bien plus que durant la période 2012 (1,5%), 2013 (1,31%) et 2015 (1,57%), mais plus bas qu’en 2014 (2,17%), et certainement sous les valeurs qu’on notait en 2007 (3,92%) et 2008 (3,15%). Cette approche relative démontre qu’on est au-delà de la crise, mais que celle-ci n’est pas encore tout à fait digérée.

Aussi au niveau de la croissance nette, nous retrouvons les secteurs ‘banques et holdings’ tout comme les ‘professions médicales’ comme ceux à la croissance la plus forte. Par contre, nous retrouvons aussi des secteurs en baisse, tout comme le secteur de la ‘restauration et débits de boisson’ ou finalement en 2016 nous notons 320 affaires de moins que l’année précédente. Celui-ci est immédiatement suivi par l’agro-industrie ou nous comptons 307 entreprises de moins.

Les tendances régionales

Les tendances régionales, observées à une échelle historique plus large, font réfléchir. Bien sur la IGENC-C montre pour les trois régions une baisse durant la double période de crise, bien-sûr les trois régions sont marquées par  une hausse en suite de cette crise. Mais là où la région bruxelloise en 2007 et début 2008 démontrait une forte croissance vit actuellement une tendance fortement négative. Inversement, nous observons que la région wallonne depuis la mi-2011 vit une opération de rattrapage important et nous constatons même actuellement des taux de croissance plus important …