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Posted on 23/10/2017

Évaluer le risque de faillite ? Voyez plus loin que le bilan annuel !

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Quels clients représentent un risque et peuvent faire faillite à court terme ? Voilà une question que se pose chaque entreprise. Des études révèlent depuis longtemps déjà que l’analyse du bilan ne suffit pas pour évaluer correctement le risque de faillite. Des critères tels que la liquidité, la solvabilité et la rentabilité ne sont pas de bons prédicteurs d’un naufrage financier imminent.

Les chefs d’entreprise qui veulent se faire une idée de la santé financière de leurs clients consultent généralement leur dernier bilan annuel publié. Mais les signaux qu’ils détectent dans les chiffres ne disent pas grand-chose sur le risque de faillite. La Baromètre de la santé des entreprises belges le démontre noir sur blanc.

Cette étude annuelle, réalisée par Graydon et l’Union des juges consulaires de Belgique (UJCB), regroupe et explique toutes les données des faillites belges. Au total, 13 clignotants ou valeurs d'alarme, ont été étudiés. Pour chaque clignotant est calculé le risque, en pourcentage, que l'entreprise fasse faillite dans l'année.

Liquidité, solvabilité et rentabilité

Liquidité - 1 sur 43

La liquidité est un bon exemple de clignotant. Imaginez que vous ne vouliez pas travailler avec des clients ayant une liquidité de 0,5 ou moins. Cela semble logique, puisque cela signifie que l'entreprise a deux fois plus de dettes que de revenus à court terme. Mais que révèle l'étude ? Parmi les 43 entreprises qui faisaient face à ce problème, selon leurs derniers comptes annuels, une seule a fait faillite en 2016. Si vous utilisez ce critère pour filtrer les clients, vous passerez donc à côté de nombreuses opportunités de faire du bénéfice. Dans 42 cas sur 43, vous renoncerez à du chiffre d'affaires potentiel.

Solvabilité – 1 sur 35

La solvabilité est un autre critère fréquemment utilisé. L’étude s’est penchée sur le clignotant ‘solvabilité inférieure à zéro’. Il concerne les entreprises qui ont des fonds propres négatifs et besoin d'urgence de capital frais. Bizarrement, seule l’une des 35 entreprises ayant cette caractéristique a bu la tasse en 2016.

Rentabilité – 1 sur 49

Et le critère de rentabilité ? Le bénéfice est le moteur d’une croissance saine. Une entreprise qui ne réalise pas de bénéfice coulera tôt ou tard. Mais que dit l’étude ? Le clignotant est activé lorsqu’une entreprise est déficitaire deux exercices consécutifs, tant au niveau du résultat d’exploitation que du résultat net. En 2016, 7,8% des sociétés belges étaient dans ce cas. Mais elles n’ont pas toutes fait naufrage. Seule une société sur les 49 de ce groupe a été déclarée en faillite.

Modèles de score affinés

Il est clair que ces paramètres financiers bruts n'ont qu'une faible valeur prédictive. Les comptes annuels seuls ne disent pas toute la vérité.

Pour calculer les risques financiers réels, il faut des instruments plus affinés, qui tiennent compte des paramètres financiers et non financiers. Comme le multiscore et d’autres modèles de score développés par Graydon (voir aussi : les principaux scores dans un rapport d'entreprise). Ce n’est d’ailleurs jamais une bonne idée de se laisser guider par un seul signal isolé. Les modèles Graydon fonctionnent donc toujours avec des associations de plusieurs signaux, chacun se voyant attribuer une valeur pondérée. Ces modèles de score résultent d’année de recherche et de data-mining. Ils sont en outre continuellement testés et adaptés à la réalité dynamique et économique.

En savoir plus ?

Baromètre de santé des entreprises belges 2016