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Posted on 27/04/2016

Atlas du créateur 2016 : chiffres et évolutions sociales

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Les entreprises débutantes ou starters sont essentielles pour l'économie. Car ce sang neuf représente un potentiel pouvant lui offrir une force de frappe nouvelle à terme. Des dizaines de milliers de personnes créent de cette façon leur propre emploi. À terme, elles en créent pour d’autres personnes également. Près de 10% des starters prennent du personnel en service dans l’année.

Les entreprises débutantes sont souvent une source d’innovation et de renouveau. Elles ont généralement des idées originales et sont toujours extrêmement motivées. Après les années de crise, 2015 a été une année de reprise. Jamais auparavant n’avaient été créées autant d’entreprises (82.571). Une première évaluation des données jusqu’au premier trimestre 2016 donne même un résultat spectaculaire. On observe d’ores et déjà par rapport au premier trimestre 2015 une hausse de près de 6,5%, et ce alors que les chiffres doivent encore être pondérés positivement.

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Atlas du créateur 2016

Facteurs explicatifs

Les choses bougent. Là où en 2015 la hausse du nombre de starters se situait exclusivement en Flandre, la tendance à la hausse se répand maintenant dans les trois régions. Les choses vont donc dans le bon sens. Mais pour moi, il serait un peu court d’expliquer cette hausse seulement par une conjoncture économique améliorée et un regain d’optimisme.

Le retour de la confiance va pousser de nombreuses personnes à surmonter leur angoisse de la crise et à concrétiser leur envie de créer une entreprise. Mais les séquelles de la crise sont toujours visibles : de nombreux travailleurs, dans ce cas des cadres en particulier, ont perdu leur emploi. Ceux-là font souvent le ‘saut’ vers le consulting indépendant, afin de mettre leur expérience à disposition des entreprises. Pour certains c’est un véritable saut : la crise a été un catalyseur inspirant pour eux. Pour d’autres - qui offrent leurs services à l'entreprise dont ils ont été licenciés - on peut supposer une sorte de faux statut d’indépendant.

De nombreux entrepreneurs débutants dans le secteur du transport

L’analyse de la population de starters nous apprend aussi quelque chose sur les évolutions sociales et les tendances.

Comme l’augmentation,  à première vue incroyable, du nombre de starters dans le transport, un secteur pour le moins problématique (songeons par exemple à la taxe kilométrique récemment introduite et la concurrence étrangère très rude). Mais en examinant les chiffres de près, on constate que la hausse concerne 'le transport pour le compte de tiers', qui s’explique par l’explosion des activités des webshops, suite à laquelle de nombreux véhicules sont nécessaires pour livrer les achats dans les 24 heures aux clients. La question est de savoir si notre réseau routier pourra suivre une telle évolution, ou si une telle augmentation des petits transports dans nos villes ne va pas provoquer d’énormes problèmes de circulation ou d’environnement. À un peu plus long terme, on peut se poser la question de la viabilité économique de ce développement. Je comprends que les e-shops expérimentent pleinement avec les drones actuellement...

Nombre étonnant de starters dans l’horeca

Le grand nombre de starters dans l’horeca est tout aussi étonnant. En réalité, je vois surtout des petits snack-bars fleurir dans les rues de la ville (parfois vite remplacés par d’autres). Dans quelle mesure le marché n’est-il pas congestionné ?

Et que penser du nombre accru d’esthéticien(ne)s : je veux parler des ongleries et des instituts de beauté. Cette évolution témoigne-telle d’une attention accrue pour le bien-être, ou confirme-t-elle aussi que nous nous comparons de plus en plus aux canons de beauté (irréels) que l'on nous impose ? Ou est-ce l’expression réelle d’une tendance sociale douteuse, celle des ‘petits à-côtés’ ?

Beaucoup de ‘starters’ entrent dans le monde médical. On voit par exemple de nombreux cas où des médecins, des infirmiers indépendants, des kinésithérapeutes, par exemple, unissent leurs forces dans le cadre d'accords de collaboration (les SC augmentent de 13%). Au plus grand profit du patient aussi. Mon kinésithérapeute a d’ailleurs franchi le pas. Résultat : un magnifique cabinet proposant tout un éventail de disciplines et exploité de manière extrêmement professionnelle.

L’effet du bonus de liquidation s’amenuise

L’effet du bonus de liquidation s’amenuise aussi. Si on a observé les années écoulées une forte augmentation des entreprises actives dans notre pays, mais créant leur siège à l'étranger, cette tendance semble amenuisée aujourd’hui.

Les chiffres détruisent ou nuancent également un mythe, voulant que la population de starters se compose en grande partie de cowboys non préparés. Ce mythe est alimenté par la constatation qu’une part importante des jugements de faillite concerne de jeunes entreprises. Logique, car une petite moitié de nos entreprises actives se compose de jeunes entreprises. Mais il est vrai que 30% des starters ne survivent pas au-delà de cinq ans.

Mais parmi la plus grande majorité (70%) qui survit, 78% des entreprises sont en excellente santé. Un chiffre un peu plus élevé que la population complète d’entreprises. Certaines resteront petites, mais solides. D’autres forment la base qui va booster notre société à l’avenir.